La résidence comme dispositif interactif, inclusif et inscrit dans son contexte

Mise en place d’un projet inclusif Art, soin et citoyenneté
Résidence de compagnonnage entre Colombe Boncenne, autrice, et Leïla Nagel-Hamed Abdelouahab, artiste diplômée de l’ésban en 2025 à l’Hôpital Universitaire de Réadaptation, de Rééducation et d’Addictologie du CHU de Nîmes au Grau du Roi

Cette résidence de compagnonnage recherche création s’inscrit dans le cadre du projet Gardener, mené en partenariat avec l’Hôpital Universitaire de Réadaptation, de Rééducation et d’Addictologie du CHU de Nîmes, situé au Grau du Roi. Elle est portée par Colombe Boncenne, autrice, et Leïla Nagel-Hamed Abdelouahab, artiste diplômée 2025 de l’ésban. Entre février et mars 2026, elles déploieront un espace de co-création avec les patient·es.

Le projet "Bulletin si besoin"

Une équipe médicale rédige un bulletin de santé ; des constantes sont prises, une température relevée, un traitement prescrit.

Leïla Nagel-Hamed-Abdelouahab et Colombe Boncenne portent des blouses certes mais en guise de stéthoscope, elles ont du papier, des stylos, un enregistreur, un appareil photo, et pour seuls remèdes, des mots et des images.À la manière des reporters qui peuvent travailler en immersion, elles tâchent de se fondre dans le décor afin de prendre le pouls de la vie quotidienne du service. Attentives au partage et à la création collective, elle construisent avec les patient.e.s et les équipes sur place le chemin de fer du journal à venir.

L’attention est portée aux choses matérielles – objets, ameublement, etc… – autant qu’immatérielles – sensations, paroles, etc… – dans un souci de résonance avec l’environnement vivant et non-vivant.  Écouter, voir, regarder, ressentir, relever  – elles veillent.

Colombe Boncenne

Colombe Boncenne est écrivaine. Ses premiers livres s’articulaient autour de milieux professionnels, que ce soit celui de l’édition et de la littérature dans Comme neige (Bichet-Chastel, coll. « Qui vive », 2016) ou d’une entreprise de services dans Vue Mer (Zoé, 2020).
Depuis La Mesure des Larmes (La passe du vent, 2020), elle creuse un sillon plus personnel dans lequel sa narratrice explore des blessures intimes et s’interroge sur la création artistique. Elle travaille en ce moment à un cycle romanesque autour des troubles psychiatriques. Le premier volume portera notamment sur les addictions aux médicaments et aux drogues.

Dans cette optique, elle a entamé sa recherche par une première résidence avec le CHU de Nîmes (villa Orygen), en partenariat avec l’ésban. Cette collaboration a donné lieu à un texte, Hic e(s)t maintenant (2025), publié dans la collection « Fragments du bord du monde ».

Leïla Nagel-Hamed Abdelouahab

« Le récit est ce qui fait le lien entre les différents médiums qu’utilise Leïla Nagel Hamed Abdelouahab, à savoir l’écriture (fictionnelle et poétique), la lecture-performance, la photographie (analogique et numérique), la gravure et la sculpture.

En mêlant le familier et l’étrange, le mythe et la réalité, le passé et le futur, un espace fictionnel se déploie dans lequel le quotidien croise l’absurde, et le poétique, le politique. Domesticité (voire domestication) et intimité apparaissent comme des leviers mémoriels autant que spéculatifs. L’ambiguïté est de mise et le trouble né des porosités entre l’humain,
l’animal et l’objet contaminent l’image comme l’écriture qui mentent autant qu’elles révèlent, creusent pour faire (re)venir, dans une valse hésitation entre apparition et disparition, des fantômes ou des monstres. Corps et esprits se taillent la part de l’histoire qui comme toujours, est beaucoup plus complexe et épaisse qu’on ne veut bien le croire. » Anne-Lou Vicente